Rapport d'activité - Campagne de 2018

Écrit par Super Utilisateur

La campagne 2018 de la MATD sur le tell Dibgou s’est déroulée du 30 août au 4 octobre 2018. Le CSAE était représenté par Monsieur l’inspecteur Sayed ‘Omar Sayed. L’équipe était constituée de Philippe Brissaud (directeur), Christelle Desbordes (directrice adjointe), Benoît Kirschenbilder (archéologue) et Jean-François Baratin (archéologue). La Mission a contribué à la formation de deux inspecteurs aux relevés archéologiques et au dessin d’objets.

 

La ville pharaonique poursuit sa renaissance

 

Comme l’ont montré les travaux que nous avons menés lors des saisons précédentes, la ville de Dibgou, née au cours du premier millénaire avant notre ère, connut un développement important à l’époque ptolémaïque.

Nous avons poursuivi cette année l’étude du vaste quartier de la cité pharaonique mis au jour en 2016 et 2017 dans la partie ouest du site. Nous avons étendu nos recherches sur plus de 90 mètres à l’ouest des limites occidentales de l’aire étudiée en 2017 dans le but de compléter le plan des bâtiments édifiés dans ce quartier de la ville et d’obtenir une vision de plus en plus claire de l’évolution du parcellaire dans ce secteur tout au long du premier millénaire avant notre ère.

Plusieurs constructions en briques crues ont ainsi pu être identifiées et ajoutées au plan général de la zone. D’époque ptolémaïque, elles s’apparentaient aux habitations dégagées au cours des années précédentes. Les murs de plusieurs d’entre elles étaient constitués de briques crues jaunes et plates caractéristiques des maçonneries les plus anciennes repérées sur le site. Dans la partie orientale du secteur, au contact des terrains fouillés en 2017, deux très grands bâtiments en briques crues ont été identifiés et leurs différents états d’aménagement étudiés.

Dans les parties les plus basses de notre aire de travail, des boues épaisses issues du ruissellement des terrains situés en partie haute du tell nous ont empêchés d’accéder aux niveaux archéologiques les plus anciens.

 

Nouvelles habitations en briques crues mises au jour à l’ouest des bâtiments identifiés en 2016 et 2017. Vue prise vers le sud-ouest en octobre 2018 (© MATD / Christelle Desbordes)
Nouvelles habitations en briques crues mises au jour à l’ouest des bâtiments
identifiés en 2016 et 2017. Vue prise vers le sud-ouest en octobre 2018
(© MATD / Christelle Desbordes)

 

Des poteries et de nombreuses monnaies, datant toutes de l’époque ptolémaïque, ont été mises au jour dans le remplissage de ces nouveaux bâtiments. Plusieurs objets ont également été découverts au niveau d’une rue d’orientation Nord-Sud qui structurait le quartier et dans laquelle avait déjà été mise au jour, en 2016, une amulette en bronze du dieu Nefertoum. Notons parmi ces objets la présence d’un fragment de statuette de cheval en terre cuite, d’une amulette en faïence égyptienne représentant un œil oudjat, d’une lampe à huile en terre cuite, ou encore d’une statuette en calcaire représentant un serpent qui tient dans sa gueule la tête d’un homme qui lui enserre le corps.

 

Fragment de statuette de cheval en terre cuite, amulette d’œil oudjat en faïence et lampe à huile en terre cuite mis au jour dans une rue des quartiers ouest de la cité ptolémaïque. Septembre 2018 (© MATD / Christelle Desbordes)
Fragment de statuette de cheval en terre cuite, amulette d’œil oudjat en faïence et lampe à huile en terre cuite
mis au jour dans une rue des quartiers ouest de la cité ptolémaïque. Septembre 2018 (© MATD / Christelle Desbordes)

 

Les opérations réalisées au cours de cette saison 2018 dans la partie ouest du tell Dibgou continuent donc de confirmer l’importance de l’installation urbaine développée dans ce quartier de la ville pharaonique. La présence d’habitations identifiées plus loin vers l’ouest, bien au-delà des limites précédemment explorées de ce secteur, met l’accent non seulement sur l’ampleur de ce quartier densément bâti à l’époque ptolémaïque, mais également sur le dynamisme de la cité de Dibgou tout au long du premier millénaire avant notre ère. Par l’étude de l’organisation des habitations et des voies de circulation dans ce quartier de Dibgou, ainsi que des objets variés découverts en ces lieux, c’est également de la population de cette ville tombée dans l’oubli pendant plusieurs siècles que nous nous rapprochons, de son mode de vie et de ses croyances, à une époque où la cité connaissait un essor sans précédent.

 

Découverte de l’enceinte de la Dibgou pharaonique

 

L’ampleur prise par la ville à l’époque gréco-romaine ne laisse désormais aucun doute sur le fait que Dibgou possédait ses propres lieux de culte. Le temple principal, centre névralgique de la cité, devait être édifié en calcaire et clôturé par une enceinte destinée à le protéger du monde extérieur. D’après la topographie générale du site, il pourrait se situer dans la partie centrale du tell, entre sept et neuf mètres sous la surface actuelle.

Un important sondage avait été mis en œuvre en 2016 et 2017 à l’emplacement probable de ce temple. Il avait alors révélé, dans les niveaux supérieurs, la présence de bâtiments médiévaux dont les fondations avaient été édifiées à l’aide de blocs de calcaire réutilisés, dont un était décoré d’un relief pharaonique. Bien plus profondément, à près de sept mètres sous la surface du sol, une épaisse masse de briques crues, dont on pouvait penser qu’elle appartenait à une enceinte, avait été mise au jour. Malheureusement, l’exiguïté des parties les plus profondes de notre sondage avait alors rendu complexe toute identification formelle.

Afin de confirmer la véracité de nos observations et d’étudier plus en détail cette épaisse structure de briques, nous avons cette année décidé d’élargir notre sondage vers le nord et vers l’est. Un haut et long mur de briques cuites découvert en limite ouest de notre sondage excluait toute possibilité d’extension de ce côté. Ce mur, aperçu à la fin de la saison 2016 au fond du sondage d’origine, avait alors été identifié comme une canalisation. Son dégagement en profondeur a révélé qu’il n’en était rien.

L’épaisse masse de briques crues repérée en 2017 a été retrouvée à partir de la cote 5,34 et dégagée sur toute la longueur de notre sondage. La tranchée de fondation du haut mur de briques cuites à l’ouest et le percement d’une fosse profonde à l’est l’ont amputée de ses faces. Aucune liaison stratigraphique n’a ainsi pu être établie entre cet épais mur et son environnement, rendant incertaine la datation précise de sa construction. La très faible quantité de matériel céramique mise au jour à proximité n’a pas non plus favorisé la possibilité de dater l’édifice. Nos conclusions sont donc fondées sur les caractéristiques architecturales de la maçonnerie et sur l’environnement général dans laquelle elle a pris place. Les briques crues de cet édifice, de couleur gris-foncé, étaient disposées côte à côte et latéralement, ce qui évoque clairement les techniques de construction utilisées lors de l’édification de murs d’enceinte et diffère du mode de construction d’autres types de bâtiments. Même si ses faces n’existaient plus, nous avons pu établir que le mur mis au jour devait mesurer au minimum quatre mètres de large. Pour en connaître la hauteur, nous avons mis en place une opération de carottage à la tarière sur quatre mètres de profondeur à partir du point le plus bas de notre sondage. Nous avons ainsi pu établir que le mur était conservé à cet endroit sur près de quatre mètres de haut et qu’il était fondé sur les terrains géologiques.

 

Segment ouest, d’orientation Nord-Sud, d’une enceinte en briques crues dont les faces ont disparu suite au creusement de deux fosses profondes de part et d’autre de la muraille. Vue prise vers le sud-est en septembre 2018 (© MATD / Christelle Desbordes)
Segment ouest, d’orientation Nord-Sud, d’une enceinte en briques crues dont les faces
ont disparu suite au creusement de deux fosses profondes de part et d’autre de la muraille.
Vue prise vers le sud-est en septembre 2018 (© MATD / Christelle Desbordes)

 

Si l’on prend en compte l’ensemble des données à notre disposition, nous pouvons dès lors confirmer la découverte dans ce sondage d’un épais mur d’orientation Nord-Sud constituant le segment ouest d’une enceinte dont nous pouvons raisonnablement dater l’édification de la période gréco-romaine. Nous sommes donc ici face au premier édifice monumental d’époque pharaonique jamais découvert sur le tell DibgouA une époque où la ville de Dibgou était en pleine expansion, où ses quartiers d’habitation étaient en plein développement et où son activité était croissante, elle s’est dotée, comme toute ville pharaonique d’une certaine importance, d’une enceinte destinée à recevoir ses monuments cultuels. C’est autour de ce nouveau centre religieux que la cité a ensuite poursuivi son développement. Il nous faut désormais découvrir le temple qui commanda il y a plus de deux mille ans l’emplacement de cette enceinte et l’organisation urbaine de toute la cité.

 

La recherche du temple de la Dibgou pharaonique

 

Nous avons ouvert un nouveau sondage de recherche du temple de la ville dans la partie centrale du site, dans un secteur où une équipe de géologues de l’Université de Zagazig avait récemment établi, par prospection électrique, la présence à grande profondeur d’une épaisse masse de sable contenue dans un espace de forme rectangulaire. Le tell Dibgou n’étant pas constitué de sable, l’apport massif de sable sur un site comme celui-ci pouvait être lié à l’installation de ses monuments cultuels, qui se devaient d’être édifiés sur du sable, symbole de la dune des origines. Traditionnellement, ce sable était contenu dans un caisson de fondation, constitué de murets de briques crues ou simplement taillé dans les terrains préexistants. C’est sur ce dispositif qu’étaient ensuite mis en place le radier de fondation de l’édifice religieux puis son élévation. La présence de sable à grande profondeur dans ce secteur était donc une information intéressante car elle indiquait potentiellement la présence du temple recherché à neuf mètres sous la surface du sol.

Un sondage de dix mètres de côté a donc été délimité dans la zone repérée. Plusieurs habitations médiévales bâties en briques cuites y ont été mises au jour dans les niveaux supérieurs. Dans l’angle nord-ouest du sondage, l’angle sud-est d’une maison est apparu, dont l’accès se faisait par une porte aménagée sur son mur sud. Les murs de l’habitation étaient, à cet endroit, fondés sur des blocs de calcaire remployés, parmi lesquels se trouvaient deux blocs possédant encore les traces d’anciens décors d’époque pharaonique. Cette technique de construction est comparable à celle que nous avons observée en 2017 ainsi que cette année dans plusieurs bâtiments découverts plus à l’ouest.

Une autre maison occupait la moitié orientale du sondage. Sur la face interne de son mur est, une petite niche rectangulaire était aménagée tandis que dans l’épaisseur de son angle nord-ouest se trouvait une niche hémicirculaire. Ces dispositifs évoquaient clairement les caractéristiques architecturales déjà relevées dans les trois habitations étudiées en 20152016 et 2017 sur les crêtes orientales du site.

Dans le remplissage de ces installations médiévales, nous avons eu le plaisir de découvrir un fragment de statuette en pierre d’époque pharaonique représentant la déesse Isis allaitant son jeune enfant Horus. Esquille de temps anciens, témoin d’un passé prestigieux où les dieux occupaient une place primordiale au sein de la société, indice supplémentaire, s’il en fallait, du développement de la ville de Dibgou à l’époque pharaonique et de la vitalité de ses activités cultuelles.

 

Fragment de statuette en pierre représentant la déesse Isis allaitant son enfant Horus. Septembre 2018 (© MATD / Christelle Desbordes)
Fragment de statuette en pierre représentant
la déesse Isis allaitant son enfant Horus.
Septembre 2018 (© MATD / Christelle Desbordes)

 

Après avoir réalisé l’étude complète de cet ensemble architectural, nous sommes descendus dans les niveaux inférieurs. Nous avons alors décidé de concentrer nos recherches dans la partie sud du secteur afin d’optimiser notre capacité à descendre le plus profondément possible en un temps qui nous était limité. Plusieurs niveaux d’occupation ont été identifiés, qui n’ont livré que peu de tessons de poterie mais étaient marqués par une raréfaction croissante de fragments de briques cuites. La fouille manuelle s’est achevée dans le secteur le tout dernier jour de la campagne, à 6,50 mètres sous la surface du sol, le remplissage terreux dégagé étant devenu trop humide et collant. Une dernière opération de carottage à la tarière nous a ensuite permis de descendre de 4 mètres supplémentaires dans le sous-sol, soit au total de plus de 10 mètres sous la surface actuelle du sol, bien au-delà donc des estimations de nos collègues géologues sur le niveau de sable qu’ils ont dit avoir repéré dans le secteur. Cette opération a fait apparaître la présence dans le sous-sol d’un mur de briques crues, probablement d’époque pharaonique, bâti sur les terrains géologiques, mais n’a pas révélé la moindre présence d’un épais niveau de sable.

 

Descente dans les profondeurs de Dibgou à la recherche du sable de fondation du temple de la ville. Vue prise en direction du nord-est en octobre 2018 (© MATD / Christelle Desbordes)
Descente dans les profondeurs de Dibgou à la recherche du sable de fondation
du temple de la ville. Vue prise en direction du nord-est en octobre 2018
(© MATD / Christelle Desbordes)

 

Le travail réalisé dans ce secteur illustre la nécessité de compléter toute opération de prospection, quelle que soit la technique utilisée, par la mise en place de fouilles archéologiques, seul moyen de vérifier les données initialement obtenues par prospection. C’est ce que nous avons fait à Tanis, par exemple, dans les parties centrale et sud du tell Sân el-Hagar, suite aux prospections géophysiques réalisées dans les années 90, puis aux prospections satellitaires dans les années 2000. Et là encore, l’étude archéologique des terrains avait permis de recadrer la réalité des données initialement fournies par les engins de prospection. Quel que soit leur niveau de technologie, les équipes en œuvre et la durée du programme de recherche engagé, les méthodes de travail utilisées sur un site archéologique ne doivent la valeur finale de leur résultat qu’à leur confrontation aux réalités du terrain et à la qualité des observations qui en découlent. Dans le cas présent, il ne fait aucun doute que le sable de fondation du temple de la ville de Dibgou ne se trouvait pas là où il était annoncé.

L’ensemble des éléments à notre disposition indique l’existence de ce temple : la topographie du site, le dynamisme de la ville au cours du premier millénaire avant notre ère, les nombreux blocs de calcaire, et quelques-uns de granite, réutilisés dans les monuments tardifs de la cité, dont certains comportaient des décors pharaoniques, l’importance de l’activité des chaufourniers ayant réutilisé des blocs et autres éléments en calcaire à disposition sur le site pour en faire de la chaux, les statuettes et amulettes dispersées dans l’ancienne cité, et bien sûr l’enceinte mise au jour cette année. Seul son emplacement exact demeure encore un mystère. Il nous faudra alors peut-être plusieurs saisons avant de découvrir le temple de la cité, tout comme il nous a fallu plusieurs années pour mettre au jour son enceinte.

 

Découverte d’une église au cœur de la Dibgou médiévale

 

Nous avons poursuivi le dégagement de l’imposant édifice repéré au cours des derniers jours de notre saison 2017 dans la partie centrale du site. L’analyse de ses caractéristiques architecturales nous a permis d’établir qu’il s’agissait d’une église, probablement édifiée avant la conquête arabe. La présence d’un monument dédié au culte chrétien au cœur de la ville de Dibgou à l’époque médiévale illustre l’une des caractéristiques de cette cité, qui fut majoritairement peuplée de Coptes jusqu’aux dernières heures de son histoire.

L’édifice s’étendait sur 21,15 mètres dans le sens Ouest-Est et 10,70 mètres dans le sens Nord-Sud. Il connut plusieurs remaniements au cours de son histoire et il est possible qu’il ait à un moment donné changé d’affectation. Peut-être a-t-il alors été transformé en mosquée. Il nous faudra poursuivre l’étude de son architecture et de son environnement stratigraphique lors de notre prochaine saison de fouille pour obtenir des réponses précises sur l’histoire complexe de ce bâtiment.

 

Vue générale de l’édifice religieux mis au jour au cœur de la ville médiévale de Dibgou, prise vers le sud-ouest en octobre 2018 (© MATD / Christelle Desbordes)
Vue générale de l’édifice religieux mis au jour au cœur de la ville médiévale de Dibgou,
prise vers le sud-ouest en octobre 2018 (© MATD / Christelle Desbordes)

 

En l’état, il possédait six ouvertures, dont nous ignorons encore pour certaines la fonction exacte, et qui connurent elles aussi plusieurs phases d’aménagement. Sur son mur ouest, une porte communiquait directement avec une tour carrée qui fut édifiée contre sa façade occidentale. Sur sa façade sud, une porte dotée d’un escalier en briques cuites montant vers le Sud fut installée à proximité de l’angle sud-ouest du bâtiment. Trois embrasures existaient dans la maçonnerie de son mur nord, dont l’une, la plus à l’ouest, était équipée d’un petit escalier de deux marches en briques cuites. L’histoire de ces ouvertures paraît complexe car des opérations de bouchage ont été repérées, dont il nous faudra préciser la chronologie lors de notre prochaine saison de fouille.

Deux espaces hémicirculaires étaient aménagés dans le mur sud de l’édifice, évoquant les niches des églises coptes ou le mihrab des mosquées. Entre ces deux niches, un muret de briques cuites était bâti perpendiculairement au mur sud du monument sur près de 2 mètres de long et 75 cm de large. D’après les traces encore visibles de son installation, il semble qu’un muret de même type ait également été bâti contre le mur nord de l’édifice. Les murs nord et sud du monument étaient également rythmés par la présence, sur la face intérieure de chacun d’eux, de trois colonnes engagées qui n’étaient pas chaînées aux murs eux-mêmes.

 

Partie centrale du mur sud de l’édifice religieux mis au jour dans la Dibgou médiévale, avec ses deux niches et ses trois colonnes engagées. Vue prise en direction du sud en octobre 2018 (© MATD / Christelle Desbordes)
Partie centrale du mur sud de l’édifice religieux mis au jour dans la Dibgou médiévale,
avec ses deux niches et ses trois colonnes engagées.
Vue prise en direction du sud en octobre 2018 (© MATD / Christelle Desbordes)

 

Les parois intérieures du monument étaient couvertes d’un enduit blanc ou légèrement rosé. Le sol de l’édifice, constitué majoritairement de briques cuites, était couvert d’un enduit au plâtre de 1 à 4 cm suivant les endroits. La disposition des briques formant le sol du monument était variable et plus ou moins soignée selon les endroits. Sur la majorité de la surface, elles étaient posées de champ et couchées, tandis que dans la partie orientale du bâtiment, elles étaient posées à plat, leur assemblage pouvant former des décors géométriques. Le sol de la niche la plus à l’est était constitué de briques posées à plat tandis que celui de la niche la plus à l’ouest était couvert de dalles en calcaire. Deux zones se rejoignant presque étaient en effet couvertes d’un dallage de calcaire dans la partie ouest de l’édifice, l’une qui débutait au niveau de sa niche ouest, l’autre à l’est de l’escalier repéré contre son mur nord.

 

Partie centrale de l’édifice religieux découvert au cœur de la Dibgou médiévale, avec ses sols de calcaire et de briques cuites. Vue prise en direction du nord en octobre 2018 (© MATD / Christelle Desbordes)
Partie centrale de l’édifice religieux découvert au cœur de la Dibgou médiévale,
avec ses sols de calcaire et de briques cuites.
Vue prise en direction du nord en octobre 2018 (© MATD / Christelle Desbordes)

 

Au niveau du dallage en calcaire le plus au nord, un défoncement ancien nous a permis d’observer que les dalles étaient disposées sur un fin lit de sable jaune. Les micro-sondages effectués en divers endroits du bâtiment ont également permis de constater la présence de plusieurs niveaux de circulation, correspondant là encore à différents états d’aménagement de l’édifice. Cet aspect de l’histoire des lieux devra être approfondi lors de notre prochaine saison de fouille.

La partie orientale du monument était séparée du reste par une ligne creusée dans le sol et enduite de mortier dans laquelle des restes de bois ont été mis au jour sur toute sa longueur. Elle devait autrefois supporter une cloison de bois, peut-être l’iconostase séparant l’autel de l’assemblée des fidèles.

 

Ligne creusée dans le sol de l’édifice religieux mis au jour au cœur de la cité médiévale de Dibgou, qui devait supporter autrefois une cloison de bois isolant la partie orientale de l’édifice du reste du monument. Vue prise en direction du nord en octobre 2018 (© MATD / Christelle Desbordes)
Ligne creusée dans le sol de l’édifice religieux mis au jour au cœur de la cité médiévale
de Dibgou, qui devait supporter autrefois une cloison de bois isolant la partie orientale
de l’édifice du reste du monument. Vue prise en direction du nord en octobre 2018
(© MATD / Christelle Desbordes)

 

De nombreuses colonnes, découvertes effondrées, devaient diviser l’espace en une nef principale et des bas-côtés. Leurs fûts étaient majoritairement taillés en calcite, même si plusieurs fûts de calcaire ont été repérés. Leur diamètre mesurait entre 20 et 29 cm et elles faisaient jusqu’à 2,05 mètres de hauteur. Elles reposaient sur des bases remployées d’aspect varié, dont l’une était en granite et les autres en calcite ou en calcaire. D’anciens chapiteaux retournés ont été à plusieurs reprises repérés en remploi pour servir de base à ces colonnes. Elles étaient enfin surmontées de chapiteaux de styles variés. La majorité des chapiteaux découverts, qu’ils aient réellement servi de chapiteau dans notre édifice ou qu’ils aient été réutilisés en base, étaient de style corinthien. Ils provenaient probablement à l’origine d’un ou plusieurs monuments d’époque romaine installés dans la région.

 

Exemple de l’un des chapiteaux de style corinthien remployés dans l’édifice religieux mis au jour dans la partie centrale du site. Septembre 2018 (© MATD / Christelle Desbordes)
Exemple de l’un des chapiteaux de style corinthien remployés dans l’édifice religieux
mis au jour dans la partie centrale du site. Septembre 2018 (© MATD / Christelle Desbordes)

 

Les colonnes qui rythmaient l’espace étaient reliées en hauteur par des arcades bâties en briques cuites dont nous avons retrouvé les restes effondrés parmi les ruines du bâtiment. La quantité impressionnante de gravats de destruction mis au jour à l’intérieur et sur les pourtours de l’édifice rend difficile toute affirmation quant à la nature exacte de sa couverture et à la présence ou non d’un éventuel étage comme il en existait dans les églises coptes anciennes pour séparer les hommes des femmes.

Dans une zone située à proximité du mur sud de l’édifice, de nombreux fragments de colonnettes en calcite ont été mis au jour. Il est probable que ces colonnettes aient formé la base d’un ambon, chaire surélevée où l’officiant se tenait lors de la lecture de textes sacrés pendant les cérémonies religieuses.

Dans l’angle nord-est du bâtiment, un aménagement en briques cuites formait une sorte de coffre, coiffé à l’origine d’un couvercle de calcaire aujourd’hui partiellement détruit. Nous n’avons pu en définir la fonction et les quelques objets en bronze mis au jour à l’intérieur ne nous ont guère éclairé à ce sujet.

L’édifice connut plusieurs remaniements. A un moment de son histoire, des fûts de colonne ont même été remployés couchés pour délimiter au sol des espaces précis dont nous ignorons la fonction. Ce phénomène, repéré à plusieurs endroits du bâtiment, pourrait indiquer une réutilisation des lieux a minima après son abandon. C’est également ce que semble montrer la présence d’une couche de terre poudreuse d’origine éolienne qui couvrait le sol du bâtiment avant même que ne s’effondrent ses colonnes, certaines de ses parois et sa couverture, et sur laquelle des traces d’occupation ont été repérées, marquées notamment par la présence de nombreuses pièces de monnaie datant curieusement de l’époque ptolémaïque à la période omeyyade. La découverte d’un tel monnayage, dont la frappe s’étend sur plus d’un millénaire, dans un contexte bien déterminé est un fait intéressant mettant en avant l’utilisation très tardive des monnaies d’époque grecque et romaine dans la région, qui restaient certainement une valeur monétaire sure dans les temps mouvementés des débuts du Moyen-Âge.

Dans la partie sud-ouest du monument, un amas d’éléments architecturaux brûlés a été mis au jour. Plusieurs sections de fûts de colonne débités y ont été trouvées, ainsi qu’un chapiteau et des fragments de pierre. Tous ces éléments ont été délibérément brisés, amassés puis brûlés à l’aide de bois. Sous ce bûcher se trouvait encore en place l’un des chapiteaux corinthiens en calcite transformés en base de colonne à l’origine de l’aménagement du bâtiment.

Le monument fut ensuite définitivement abandonné, et le mobilier liturgique, qu’il ait été copte ou musulman en cette dernière phase de son histoire, emporté. Nous n’avons ainsi retrouvé aucun objet caractéristique de l’affectation de l’édifice à l’intérieur de ses murs. Le seul signe religieux mis au jour fut une dalle de calcaire retaillée dans laquelle était sculptée en décor ajouré une croix, découverte au cœur d’un amas de débris architecturaux dans la partie nord-ouest du bâtiment.

 

Dalle de calcaire sculptée d’une croix mise au jour dans la partie nord-ouest de l’édifice religieux implanté au cœur de la cité médiévale de Dibgou. Septembre 2018 (© MATD / Christelle Desbordes)
Dalle de calcaire sculptée d’une croix mise au jour dans la partie nord-ouest
de l’édifice religieux implanté au cœur de la cité médiévale de Dibgou.
Septembre 2018 (© MATD / Christelle Desbordes)

 

Lorsque nous l’avons dégagé, le sol de la partie orientale de l’édifice était défoncé dans sa partie nord. C’est ainsi que nous avons découvert l’existence, sous cette partie du monument, d’un vaste espace aménagé, semble-t-il, sans ouverture sur l’extérieur. La pièce souterraine était couverte de voûtes se croisant en arêtes et rythmée par la présence de pilastres contre ses parois et de deux piliers centraux de section carrée. Aucune trace particulière n’a été repérée sur ses murs, qui étaient couverts d’un enduit rosâtre d’un aspect proche de celui qui était appliqué sur la paroi interne du mur sud de l’édifice. Le plan de cet aménagement souterrain a pu être établi mais sa fouille n’a pu être achevée, faute de temps. Nous n’avons atteint son niveau de sol que sur le tiers nord de l’espace. L’endroit était entièrement comblé par des apports éoliens durcis par le probable déversement massif d’eau de pluie. Dans les parties basses, les gravats de briques se faisaient plus nombreux, provenant de l’effondrement, accidentel ou provoqué, de la voûte nord-est de la pièce.

L’aspect général de l’aménagement donne à penser qu’il pourrait avoir été conçu comme une citerne à eau. La ville de Dibgou étant à l’époque médiévale située sur une île entourée d’eau saumâtre pendant toute une partie de l’année, tout comme la ville voisine de Tinnis, la présence de citernes permettant le stockage d’eau douce en période de crue du Nil pour subvenir aux besoins de la population tout le reste de l’année y était indispensable. Plusieurs d’entre elles ont d’ailleurs été mises au jour sur le site lors des saisons précédentes. Tout comme une vaste citerne était aménagée sous la cour de la grande mosquée de Tinnis, il n’est pas illogique qu’une citerne ait été installée dans les sous-sols d’une église à Dibgou. D’autant qu’une pierre en calcaire dans laquelle une rigole avait été taillée a été découverte en bordure du percement de la voûte nord-est de cet espace souterrain, dont nous ignorons à quelle époque il l’a défoncée et si une ouverture aménagée lui a précédé ou non. Il semble cependant que l’enduit qui couvrait l’ensemble des parois et le sol de la pièce n’ait pas été approprié pour le stockage de l’eau. D’apparence peu étanche, il n’avait pas du tout l’aspect de l’épais mortier couvrant les parois des autres citernes réparties dans la cité médiévale, et encore moins du mortier particulièrement épais qui recouvrait le fond de ces autres citernes. La question de son usage reste donc ouverte : citerne à eau, lieu de stockage, crypte à vocation religieuse ou espace technique visant à stabiliser le terrain pour l’édification des parties supérieures du monument. Lors de notre prochaine saison de fouille, nous poursuivrons le dégagement de cet espace et tenterons d’en savoir davantage sur sa destination.

 

Espace souterrain voûté situé sous la partie orientale de l’édifice religieux mis au jour au cœur de la Dibgou médiévale. Le sol, non dégagé dans cette partie de la pièce, se situe environ 1,50 mètre plus bas. Vue prise vers le sud en octobre 2018 (© MATD / Christelle Desbordes)
Espace souterrain voûté situé sous la partie orientale de l’édifice religieux mis au jour
au cœur de la Dibgou médiévale. Le sol, non dégagé dans cette partie de la pièce,
se situe environ 1,50 mètre plus bas. Vue prise vers le sud en octobre 2018
(© MATD / Christelle Desbordes)

 

Contre sa façade ouest, notre monument était flanqué d’une tour de plan carré en briques cuites qui paraît avoir été édifiée après le corps principal de l’édifice. A l’intérieur, un épais pilier central de section carrée et d’1,80 mètre de côté structurait l’espace. Formé de quatre murs, sa partie centrale était entièrement comblée par un bourrage de terre et de fragments de briques. Une porte était aménagée dans la paroi orientale de la tour, communiquant directement avec la porte d’accès occidentale de l’édifice adjacent. Elle possédait un seuil de briques cuites couvertes de 5 cm d’un plâtre très dur. Aucune autre porte n’a été repérée sur les parois de cette construction, qui ne possédait donc, semble-t-il, aucun accès direct sur l’extérieur.

 

Tour carrée bâtie contre la façade ouest de l’édifice religieux mis au jour au cœur de la ville médiévale de Dibgou. Vue prise vers le sud-est en octobre 2018 (© MATD / Christelle Desbordes)
Tour carrée bâtie contre la façade ouest de l’édifice religieux mis au jour au cœur
de la ville médiévale de Dibgou. Vue prise vers le sud-est en octobre 2018 
(© MATD / Christelle Desbordes)

 

De la porte, un couloir menait vers le nord à un escalier, dont cinq marches étroites bâties en briques cuites et en bois étaient conservées, occupant tout l’espace entre le pilier central de la tour et son mur nord.

 

Pilier central et escalier de la tour carrée bâtie contre la façade ouest de l’édifice religieux médiéval mis au jour dans la partie centrale du site. Vue prise en direction du nord-ouest en octobre 2018 (© MATD / Christelle Desbordes)
Pilier central et escalier de la tour carrée bâtie contre la façade ouest de l’édifice
religieux médiéval mis au jour dans la partie centrale du site.
Vue prise en direction du nord-ouest en octobre 2018 (© MATD / Christelle Desbordes)

 

Sur le sol du couloir partant de la porte de la tour vers le sud, la partie supérieure d’une statuette féminine en terre cuite d’époque gréco-romaine a été mise au jour, nouveau témoin de l’activité de la ville plusieurs siècles plus tôt.

 

Partie supérieure d’une statuette féminine d’époque gréco-romaine mise au jour dans la tour carrée qui jouxtait l’édifice religieux implanté au cœur de la Dibgou médiévale. Septembre 2018 (© MATD / Christelle Desbordes)
Partie supérieure d’une statuette féminine d’époque gréco-romaine
mise au jour dans la tour carrée qui jouxtait l’édifice religieux
implanté au cœur de la Dibgou médiévale. Septembre 2018
(© MATD / Christelle Desbordes)

 

Les trois faces extérieures de la tour étaient couvertes d’un épais enduit de plâtre, tandis qu’aucune trace de revêtement n’a été repérée à l’intérieur. Avec le temps, la tour carrée a subi un basculement général de sa maçonnerie vers l’ouest, qui s’est traduit par l’apparition de plusieurs fissures verticales dans ses parois extérieures. En l’état actuel de nos connaissances, nous ne pouvons affirmer si cette tour faisait fonction de clocher lorsque l’édifice auquel elle se rattachait était une église ou si elle faisait office de minaret dans l’hypothèse assez probable où l’église originellement bâtie aurait été transformée en mosquée à un moment de son histoire. La poursuite de son dégagement lors de notre prochaine campagne de fouille nous permettra probablement d’en savoir davantage à son sujet.

Un pavement de briques cuites longeait la façade nord de l’édifice principal. On y accédait à l’ouest par un seuil de briques cuites et il était délimité au nord et à l’est par des blocs de calcaire ou des briques posées de champ selon les endroits. Les fondations de son angle nord-est, qui était courbe, ont pu être observées : épaisses, elles alternaient lits de briques horizontaux et de champ, évoquant le bouchage de l’embrasure orientale du mur nord du monument et l’appareil d’une fosse septique découverte plus au nord en 2017.

 

Pavement de briques longeant la façade nord de l’édifice religieux mis au jour au cœur de la ville médiévale de Dibgou. Vue prise vers l’est en octobre 2018 (© MATD / Christelle Desbordes)
Pavement de briques longeant la façade nord de l’édifice religieux mis au jour
au cœur de la ville médiévale de Dibgou. Vue prise vers l’est en octobre 2018
(© MATD / Christelle Desbordes)

 

A la fin de cette saison, nous avons entrepris de rattacher notre monument aux éléments mis au jour dans le sondage réalisé plus au nord en 2016 et 2017, et au fond duquel nous avons découvert cette année une partie du segment ouest de l’enceinte clôturant le temple de la ville à l’époque pharaonique. C’est également dans les niveaux supérieurs de ce sondage que nous avions découvert en 2017 plusieurs constructions d’époque médiévale organisées de part et d’autre d’une rue centrale sur le bas-côté de laquelle nous avions mis au jour un pendentif en bronze représentant une croix polylobée.

 

Pendentif en bronze représentant une croix polylobée mise au jour en 2017 sur le bas-côté est d’une rue située au nord de l’édifice religieux implanté au centre de la Dibgou médiévale. Septembre 2018 (© MATD / Christelle Desbordes)
Pendentif en bronze représentant une croix polylobée mise au jour en 2017
sur le bas-côté est d’une rue située au nord de l’édifice religieux implanté
au centre de la Dibgou médiévale. Septembre 2018 (© MATD / Christelle Desbordes)

 

Le mur sud d’un bâtiment, dont nous connaissions déjà la limite orientale, est alors apparu. Il était doté d’une niche hémicirculaire située dans l’axe Nord-Sud de la construction. Les murs sud et est de cet édifice étaient fondés, sur leur face extérieure, sur des blocs de calcaire réutilisés, tout comme l’étaient les bâtiments voisins mis au jour en 2017 et dans les fondations desquels un bloc orné d’un décor pharaonique avait été découvert. Sur leur face intérieure, ces murs étaient fondés sur des briques posées de champ. Ces deux techniques de constructions sont celles utilisées, conjointes ou séparément, dans tous les bâtiments de la cité médiévale jusqu’ici dégagés. La construction du bâtiment découvert au nord de notre monument religieux a entraîné la retaille du pavement de briques aménagé contre sa façade nord. Il lui était donc clairement postérieur. En l’état actuel de son dégagement, nous ne pouvons toutefois être plus précis quant à sa datation.

 

Partie sud d’un bâtiment mis au jour au nord de l’édifice religieux implanté dans la cité médiévale de Dibgou. Vue prise vers le sud-est en octobre 2018 (© MATD / Christelle Desbordes)
Partie sud d’un bâtiment mis au jour au nord de l’édifice religieux implanté
dans la cité médiévale de Dibgou. Vue prise vers le sud-est en octobre 2018
(© MATD / Christelle Desbordes)

 

Conclusion 

 

L’importance des découvertes réalisées cette année sur le tell Dibgou donnent une ampleur sans précédent à l’histoire de cette cité millénaire demeurée dans l’oubli pendant de trop longs siècles.

L’emplacement de l’enceinte qui structurait la ville pharaonique alors qu’elle était en pleine expansion est désormais connu. A partir de ce repère architectural, qui donne toute sa réalité à la place de Dibgou dans la topographie du Delta du Nil au premier millénaire avant notre ère, nous pourrons orienter avec davantage de précision notre recherche de l’accès à l’aire sacrée de la ville et de son temple.

A l’issue de cinq saisons de travail sur ce site exceptionnel (soit à peine 5 mois de travail sur le terrain), sont désormais connus de la ville pharaonique un vaste quartier d’habitation qui s’étendait sur plusieurs hectares, une nécropole populaire, de nombreux objets et éléments architecturaux marquant son dynamisme et l’activité cultuelle de ses habitants, et l’enceinte monumentale qui protégeait ses édifices religieux, alors même qu’avant 2014 nous ignorions jusqu’à l’existence de cette cité du Delta oriental.

La découverte exceptionnelle d’une église au cœur de la cité médiévale de Dibgou continue par ailleurs de faire resurgir toute la grandeur de cette ville alors réputée bien au-delà de ses frontières pour la qualité de sa production textile. Ce sont ici les particularités culturelles et religieuses de sa population qui sont mises en valeur. La qualité de construction de l’édifice nous plonge également dans l’univers urbain raffiné dans lequel évoluait les habitants de Dibgou au Moyen-Âge. C’est une élégance et une richesse comparable qui avaient déjà pu être observées au cours des saisons précédentes, dans le quartier d’habitation installé sur les crêtes orientales du site notamment. Ce sont désormais les détails de l’histoire de ce monument religieux qu’il nous faudra étudier plus précisément, ses différentes phases d’aménagement, la fonction dédiée à chacun de ses espaces au fil du temps, et ses changements possibles d’affectation après la conquête arabe, autant d’informations qui seront essentielles pour améliorer notre connaissance de l’histoire de cette cité dans ses temps les plus glorieux.

Associés à l’ensemble des monuments mis au jour et des informations stratigraphiques récoltées, ce sont enfin près de 200 objets d’époque pharaonique et médiévale qui ont été découverts cette année sur le site. En nous plongeant directement dans le quotidien des habitants qui ont peuplé la cité pendant près de deux millénaires, ils nous invitent à imaginer les trésors que les terres de Dibgou recèlent encore.

 

Nettoyage d’un chapiteau corinthien réutilisé en base de colonne dans l’édifice religieux mis au jour au cœur de la cité médiévale de Dibgou. Vue prise en direction de l’ouest en octobre 2018 (© MATD / Christelle Desbordes)
Nettoyage d’un chapiteau corinthien réutilisé en base de colonne dans l’édifice
religieux mis au jour au cœur de la cité médiévale de Dibgou.
Vue prise en direction de l’ouest en octobre 2018 (© MATD / Christelle Desbordes)

 

 

 Projet de financement participatif « Dibgou l’Egyptienne 2018 » - Liste des contributeurs

 

Les activités de la MATD sont financées par la Société Française des Fouilles de Tanis (SFFT) et l’ensemble de ses adhérents. En 2018, grâce à la mise en place du projet de financement participatif « Dibgou l’Egyptienne 2018 » sur le site internet de Ulule, 131 personnes et associations se sont jointes aux membres de la SFFT pour permettre le financement de notre campagne de fouille annuelle sur le tell Dibgou. Nous remercions chaleureusement l’ensemble des adhérents de la SFFT et des participants au projet « Dibgou l’Egyptienne 2018 », grâce à qui nous avons pu mener à bien le programme de cette saison 2018.

Voici la liste par ordre alphabétique des contributeurs au projet développé chez Ulule et qui ont accepté que leur nom soit cité :

 

Aluminort SA

Isabelle Isnard

Association Alsacienne d’Egyptologie

Jean-Marc Israël

Association Egyptologique de Gironde

Jérôme Jehel

Association d’Egyptologie Périgourdine Kemet

Michel et Nicole Journau

Lions Club Le Mans Horizon

Isabelle Julien

SARL La Nouvelle Pharmacie (Le Mans)

Denise Keplinger-Sorkin

Guillaume Alric

Liliane Kerisit

Agnès et Xavier Amiot

Michèle Lacave

Christophe Annat

Jean-Luc Laflèche

Jean-François et Nicole Baratin

Bernard Lalanne

Marie Baratin

Christian Lalière

André Baudrit

Dominique Lamballais

Michèle Baumann

Claude Landré

Laure Beaucour

Gwenola Langlais

Didier Béoutis

Anne-Marie Le Capitaine

Daniel Berrubé

Christian Lebrument

Christian Bobot

Séverine Leroy

Yvonne et André Bonnamy

Elisabeth Lezé-Olivier

Janine Bouffard

Philippe Lobstein

Anne-Marie Boulc’h

Arlette Loric

Serge Bresque

Cécile Maincion

Susan et Pierre Brissaud

Pascal Mary

Michel et Françoise Brissaud

Yasmine Mechadi

Audrey Brun

Livia Meneghetti

Nicolas Chabrières

Jean-Claude Meynet

Gérard Chambost

Elisabeth Mouazé

Jacques Chantereau

Elisabeth et Bernard Müller

Maryvonne Chartier-Raymond

Lise Nivet

Pierre Chartrain

Daniel Pandolfi

Janie Chun Hung Kee

Monique Pigé

Michèle Collot-Donchery

Eric Poigeaut

Sophie Combes

Jacqueline et André Porcher

Galicia Conqua

Marc Prunaret

Nadine et Eduardo Constantino

Pauline Raton

Françoise Cottrel

François Reboul

Flora Couhault

Olivier Renault

Monique Courdier

Christine Rivière-Erké

Gaëlle Courtemanche

Bruno Robert

Marie-Claire Coustenoble

Réjane Roderich

Jean-Jacques Crappier

Gisèle et Pierre Roncin

Mireille et Claude Desbordes

Jean Rougemont

Christine Dessemme

Marinette Rougier

Pierre Durand

Cathy Roumy

Catherine Duthoit

David Rousière

Véronique Faraus

Dominique Roussel

Sylvie et Alain Gadrat

Ferney Santini

Michèle Galinand

Christian Sanvoisin

Mauricette Gallinato

Michèle et Jean-Louis Stehlé

Mario-Didier Gervasi

Pierre Tardat

Michèle et Claude Gillet

Michel Théodore

Sylvie Giovannetti

Frédérique-Sophie Tissier

Luc Glaud

Jacqueline Tomasson

Noëlie Goupil

Nathalie Toye-Dubs

François et Yvonne Gourdon

Frédéric Troquet

Bernard Guericolas

Nadine Tujague

Sylvie Guichard

Martine Vangeleyn

Pierre-André Guignard

Colette Viart-Imbault

Marianna Hamon

Armand Vinçotte

Bernadette Henner

Dorothée Wavrer

Evelyne Hostein

Laurent Zarza

 

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